ANSM 2019 CSST phages et phagothérapie

Le 6 mai 2019 a été publié le nouveau rapport sur la phagothérapie. Nous analysons 32 points de ce rapport. Tout est encore à faire : comprendre le paradigme propre aux phages et penser la phagothérapie dans ce paradigme. L’APHP annonce un état des savoirs sur les phages et la phagothérapie : à voir !

Contexte de notre analyse

En juin 2018, nous voilà dans le rôle de lanceurs d’alerte pour le scandale sanitaire de la non-utilisation de la phagothérapie.
En juillet 2019, nous avons « pris de la bouteille » – en particulier grâce aux correspondants dans le monde entier qui veulent bien partager avec nous notre réflexion.
Cela permet deux publications fondamentales.

Attaquer les gens, ça ne se fait pas !

La bonne règle, en recherche académique, est d’attaquer les textes et pas les gens qui ont écrit ces textes.
Le problème du rapport CSST / ANSM / Ministère de la santé est que l’on ne sait pas où sont les textes – académiques ou autres sur la phagothérapie – produits par les auteurs du rapport, à deux ou trois exceptions près.
Sachant que le rapport est « mauvais » – c’est à dire qu’il ne permet pas de mettre en place vite la phagothérapie pour les patients qui meurent, sont amputés ou invalidés – alors on doit bien critiquer la composition du comité !!!

Un expert, une anthropologue et quelques touristes pour décider de la vie et de la mort des patients

Dans un territoire donné, il y a les gens du territoire et les touristes.
Or, la quasi totalité des membres du CSST ne font pas partie du territoire  » Phagothérapie pour les patients qui vont mourir, être amputés ou invalidés.  » (1)
La métaphore adéquat est donc celle de « touristes ».
Cette métaphore n’est pas péjorative du tout.
La question est seulement : « Comment est-il possible qu’Agnès Buzyn ne réunisse pas une commission faite de véritables experts de la question ?« 
***
Dans tous les pays du monde, les qualifications des membres d’un comité d’expert sont indiquées dans le rapport. – voir Rapport O’Neill sur la résistance aux antibiotiques
Ici, rien de tel …
Pourquoi ? Justement, parce que ce sont des touristes !!!
On ne peut pas mettre leurs titres d’experts en Phagothérapie pour les patients qui vont mourir, être amputés ou invalidés parce qu’ils n’ont pas de titre !!!
***
Peut-être est-il très intéressant qu’une « mécanicienne » fasse partie du comité mais il faut que l’on explique le « pourquoi ? » au citoyen à qui l’on va couper la main !!!

Pas de titre => pas de bibliographie

Dans tous les rapports d’experts du monde il y a une bibliographie.
Déjà dans le CSST de 2016 il n’y en avait pas.
C’est normal, des touristes ça ne connait tout simplement pas les publications académiques les plus pertinentes sur le sujet !!!

Des citations et des commentaire

Nous allons procéder de la manière la plus simple.
Nous sélectionnons les 32 citations les plus importantes du rapport et nous commentons.

p. 6 en l’absence à ce jour de phages répondant à des standards de qualité et de production industrielle.

Le concept de « standard de qualité » est extrêmement problématique.
Pour développer des standards :
– soit il faut prendre les standards des prédécesseurs – en Géorgie, Russie, etc.
– soit il faut un travail de recherche « intense »
En 2019, en France, on ne fait ni l’un ni l’autre donc on « fait semblant » de travailler sur la phagothérapie.
Voir le point du financement de la recherche en fin de document.

p. 6 (phages fabriqués de façon non industrielle par Pherecydes Pharma mais de qualité compatible avec un usage clinique et phages issus d’une production académique en Belgique)

On « fait semblant » de travailler dans le paradigme industriel.
Dans le rapport de 2016 c’était massif.
En réalité on travaille dans le vrai paradigme du phage qui est celui du « bricolage » au sens noble du terme. (2)
C’est à dire qu’on récolte des phages dans les rivières, on cultive les phages dans des boites de Petri, on filtre – voir la culture des phages au lycée !!!

p. 6 l’ ANSM s’est investie … dans l’accompagnement de l’administration de phages sur le territoire national via des préparations dont l’administration relève de la seule responsabilité du prescripteur et du pharmacien hospitaliers.

  1. Sachant qu’il n’y a pas d’expert en phages et phagothérapie à l’ANSM, comment se fait cet accompagnement ?
  2. Ces phages ont été assimilés à des préparations magistrales (3)
    Quel est l’intérêt d’un processus centralisé à Paris alors que les experts sont à Bruxelles, à Lausanne ou à Tbilisi ?
    Dans la suite du rapport, le CSST préconise une solution centralisée p. 16
    Elle n’a de sens que si l’on peut récolter et cultiver les phages au plus près du patient – ce qui est précisé plus loin.

p.6 les lots de phages fabriqués pour l’essai Phagoburn selon une qualité standardisée dans un environnement « Bonnes Pratiques de Fabrication » -BPF- /« Good Manufacturing Pratices » – GMP-, … ont été périmés/épuisés.

Certains experts nous ont parlé du projet PhagoBurn comme d’un fiasco – nous y reviendrons.
Sachant que les phages sont des êtres « territoriaux », le bon phage se situe dans le territoire où le patient a été infecté par la bactérie.
Pourquoi aller chercher des phages à Nantes, à Bruxelles ou à Lausanne ?
En faisant cela on met la vie du patient en danger.

p. 6 L’accès à une plus grande diversité de phages a été rendu possible car l’Hôpital militaire de la Reine Astrid (Etablissement de santé situé à Bruxelles/Belgique) produit des préparations de phages de qualité compatible avec un usage en clinique à partir notamment de sa phagothèque.

Pour le cas du patient traité à l’hôpital de la Croix Rousse à Lyon, les phages ont été pris dans la phagothèque de Lausanne et cultivés à Bruxelles.
Les informations ne concordent pas clairement.
On ne parle à aucun moment de Lausanne dans le rapport. C’est surprenant !

p. 7 le recours aux phages a été envisagé alors qu’il relève encore aujourd’hui d’une pratique clinique empirique principalement sous-tendue par des séries de cas rapportés

Comment est-il possible d’écrire une pareille énormité .
Quantitativement, la production annuelle de doses de phages dépasse le milliard !!! (4)
Qualitativement, des publications en grand nombre existent.

p. 7 En pratique les équipes hospitalières entrent dans un niveau de difficulté d’approvisionnement très important …

C’est totalement artificiel.
Les phages sont à portée de main, dans les eaux du Rhône !
Pourquoi aller chercher des phages des eaux de la Loire – Pherecydes – ou des rivières belges ???
Récolter des phages, les cultiver et les filtrer est enseigné pour le baccalauréat « Technicien de laboratoire » ; pourquoi ne fait-on pas travailler les gens qualifiés localement ?
On a vu que le phage local est souvent le seul efficace.

p. 7 Devant l’aggravation sous combinaison d’antibiotiques, un traitement de sauvetage avec recours à une phagothérapie locale a été proposé avec instillation via une fistule cutanée au niveau d’une cicatrice et un changement d’antibiothérapie (Dalbavancine IV).

Certains chercheurs travaillent sur la synergie entre antibiotique et phages.
Est-elle avérée ?
Sous quelles conditions y-a-t-il synergie ?
Le lecteur aimerait quelques références de travaux pour comprendre.

p. 8 Cependant, il est souligné des problématiques dans l’administration des phages pour ce cas clinique {pulmonaire}, qui ont vraisemblablement eu un impact sur l’effet thérapeutique des phages. En effet une congélation accidentelle des phages a conduit à une perte significative de titre (1010 à 109 PFU/ml). Par ailleurs, la nébulisation a pu également contribuer à une perte en titre de phages.

Lors de nos échanges avec les parlementaires français il a été souligné l’urgence :
– d’une formation des médecins à la phagothérapie
– d’une formation des biologistes à la préparation des phages
– d’une formation des professionnels infirmiers

p. 8 … avec in fine une issue fatale. Le patient n’a pas pu recevoir un traitement par phages en l’absence de phages actifs (pas de phages anti-Escherichia coli de Pherecydes Pharma, pas de possibilité d’obtenir des phages issus de la production académique belge).

Chaque année, dans chaque lycée qui forme des Techniciens de laboratoire, on produit des phages anti-Escherichia coli.
Le patient est mort alors que les phages pouvaient être disponibles à quelques centaines de mètres de l’hôpital !!!

p. 9 Le plus souvent ces demandes ont concerné des infections à Pseudomonas aeruginosa, suivi d’infections à Staphylococcus aureus. L’administration locale in situ de phages est prédominante.

Dans la collection de phages de Pittsburgh Pennsylvanie il y a 14 mille sortes de phages correspondant à 14 mille sortes de bactéries.
Les cas rapportés par l’ANSM et par la presse (5) concernent un petit nombre de types de phages.
Il faudrait que cette discordance soit expliquée.
Pour ce qui est du mode d’administration, on remarque une grande réticence à l’usage de la voie intraveineuse qui pourtant pourrait sauver certains patients – nous précisons plus loin.

p. 10 … il importerait de configurer les modalités du recours à une analyse collégiale centralisée au plan académique avec notamment des membres ayant une expertise microbiologique. Cela permettrait de standardiser les méthodes de détermination de l’activité des phages.

Le discours n’est pas clair du tout !!!
Il y a en effet des situations très différentes.
1. Un patient en danger de mort a besoin d’urgence d’un phage
La formule trop absente du rapport est celle du rapport bénéfice / risque.
Ou plus exactement du rapport risque / risque.
Lorsque le risque pour le patient est la quasi certitude de mourir, alors l’équipe soignante peut utiliser une thérapie à risque – phages qui ne font pas l’objet d’une hyper-purification par exemple.
2. Si l’on produit des phages pour une maladie « ordinaire », alors le niveau de qualité doit bien sûr être plus élevé.
Cette différence de situation est très mal documentée dans le rapport.

Il y a un niveau d’incertitude dans la détermination de la dose inhérent au phénomène d’amplification des phages in situ et à la neutralisation potentielle des phages par le système immunitaire.

Traduction : Dans le meilleur des cas un seul phage suffit à guérir un malade très infecté par des bactéries. En effet si ce phage pénètre une bactérie, une multiplication exponentielle se met en place qui débouche sur une guérison rapide.
Pendant la seconde guerre mondiale, le temps moyen de séjour à l’hôpital d’un soldat soviétique est d’une semaine !!! (6)

p. 10 à l’Hôpital militaire de la Reine Astrid (Bruxelles) … Chaque production est effectuée selon une monographie générale sur les bactériophages, qui a été validée au niveau national par les Autorités belges, les substances actives étant analysées par un laboratoire agréé indépendant en Belgique (externalisation des contrôles). Les substances actives sont ensuite mélangées et formulées pour constituer des préparations magistrales.

Pourquoi n’y-a-t-il pas un tel dispositif dans chaque CHU de France ?

p. 10 L’ANSM a toujours souligné en ce sens l’intérêt de disposer d’opérateurs académiques en plus d’opérateurs industriels, pour diversifier et élargir l’offre de production nationale de phages en France.

En réalité, il s’agit d’un revirement inattendu.
La convocation du CSST ne parle que d’ATU nominatives qui correspondent au paradigme de l’usine à phages. (7)
On commence donc à parler du scénario local / personnalisé ce qui est une bonne nouvelle.

p 11 l’ANSM a clarifié que l’EMA {agence européenne du médicament} se positionnait sur des thématiques au regard des demandes d’avis scientifiques et des demandes d’AMM, ce qui dans le domaine de la phagothérapie, n’apparaît pas d’actualité à ce jour.

Là encore, revirement inattendu.
Jusqu’à présent l’ouverture du « parapluie européen » permettait à certains de se défausser.
Que l’on ne parle plus d’AMM est aussi un revirement inattendu.
Les phages français ne seront pas industriels mais d’une autre catégorie à déterminer.

p. 11 il est constaté un faible nombre de demandes compassionnelles de phages en France. Cependant, peu de produits sont disponibles et il est perçu un manque d’intérêt du corps médical à la phagothérapie probablement en lien avec le faible niveau d’information accessible.

Le faible nombre de demandes est dû :
– à la faible formation des médecins, des biologistes et des équipes infirmières
– à l’absence d’unités locales de récolte des phages dans les CHU
– globalement à l’attitude de l’ANSM – refus de prise en charge de plusieurs patients
– à une désinformation très importante via les médias, etc. – on parle trop de risques imaginaires des phages et pas assez des bénéfices !!!

p. 11 … ces patients ne puissent pas avoir accès à ces produits d’Europe de l’Est sur le territoire national a pu favoriser l’émergence d’achat de phages sur internet et a généré le type de circuit pour l’obtention de phages via la Géorgie …

Comme nous l’avons souligné dès le début de notre analyse de la situation on est dans une multiple situation de non-droit.
On se rappelle que l’avortement a été légalisé en France pour cette raison. (8)

p. 11 les patients se rendant en Géorgie pour un accès à des phages sont vraisemblablement peu enclins à donner un retour d’expérience, de crainte notamment de compromettre la poursuite de leur prise en charge par le système de soins français.

On dispose du chiffre de 200 patients par an pour l’un des instituts géorgiens.
Il a des instituts dans plusieurs des pays dits « de l’est » dont certains sont en Europe. (4)
On a donc un contraste ahurissant :
– hors de France, des centaines de patients sont sauvés par les phages
– en France, quelques dizaines d’autorisations
– un nombre indéterminé de cas de guérison en phagothérapie grise (8)

p. 11 Docteur Jérôme Larché : D’autres travaux évoquent une activité thérapeutique du phageome (filtrat de microbiote fécal) sur infections à Clostridium difficile. Il a proposé d’intégrer la phagothérapie dans les thérapeutiques basées sur le microbiote.

Traduction : On va chercher des phages en Belgique ou en Suisse alors que, dans certains cas, le phage est … dans le corps du patient.
Ce fait a été souligné depuis longtemps par le Docteur Paul-Hervé Riche que l’on a, bien évidemment, traité de farfelu dangereux !!! (9)

p. 13 pour la mucoviscidose … des réflexions sont à mener sur la stratégie du recours à la phagothérapie, posant la question d’envisager les phages dès le stade de primo-colonisation dans la mesure où il s’agit d’un facteur d’évolution défavorable dans la maladie.

Traduction : Pour l’instant on attaque les bactéries – donc le malade – avec des antibiotiques et ça ne marche pas.
Il faudrait donc commencer par la phagothérapie sans passer par la case antibiotiques qui ne font qu’affaiblir le système immunitaire du patient.

p. 13 Si la voie nébulisée est privilégiée car fréquemment utilisée chez ces patients, des travaux s’avèrent indispensables pour valider ce mode d’administration pour les phages (au regard du risque de perte d’activité des phages).

Traduction : Si l’on avait moins peur des phages on utiliserait la voie intraveineuse et autre.
Mais on a peur des phages alors on fait des « gentils spray » et le patient meurt !

p. 13 Enfin il souligne la nécessité de rendre accessible une information institutionnelle permettant de guider les professionnels de santé sur la possibilité de recours aux phages dans l’organisation du parcours de soins pour les patients.

Plusieurs intervenants externes soulignent le déficit critique d’information des équipes cliniques.

p. 13 Il a été également souligné que la notion d’Evidence Based Medicine EBM devrait être adaptée pour des approches thérapeutiques individualisées telles que les bactériophages.

Traduction : L’ANSM pense la phagothérapie à partir d’un paradigme – un système de pensée – qui n’est pas le bon.
La première question que devrait se poser Agnès Buzyn est : « Quel est le paradigme dans lequel se situent les phages ?« 
La phrase clé de l’EBM est : « Sans l’expertise clinique, la pratique risque de tomber sous la tyrannie de la preuve, puisque même les plus excellentes preuves externes peuvent être inapplicables ou inappropriées au patient [spécifique dont nous avons la charge] »
Le terme de « tyrannie de la preuve » caractérise bien le problème de la non-utilisation de la phagothérapie en France.
Agnès Buzyn devrait recruter des praticiens qui ne sont pas dans la « tyrannie de la preuve« .
Des gens qui considèrent le phage pour ce qu’il est : un phage dynamique et pas une molécule chimique stable et reproductible.
Des gens qui considèrent la phagothérapie pour ce qu’elle est, « un noble bricolage » et pas un acte robotique reproductible.
Des gens qui ne sont pas terrorisés par les phages comme l’étaient certains acteurs du CSST 2016 – terreur qui a transparu dans le rapport.

p. 14 Des travaux sont évoqués sur l’implication du système immunitaire, qui participe notamment via les polynucléaires neutrophiles au succès du traitement par les phages, soulignant qu’il peut influencer l’effet attendu.

Cela fait un « certain temps » que l’on sait la synergie du système immunitaire et des phages.
Or que fait-on pour le système immunitaire ?
On l’attaque avec des antibiotiques et autres médicaments.
Il existe en ligne 1 millions et demi de documents qui décrivent les effets de l’alimentation sur le système immunitaire.
Or l’alimentation proposée aux patients surinfectés, au mieux ne booste pas leur système immunitaire, le plus couramment l’attaque sûrement !!!

p. 14 Ces vecteurs dérivés de bactériophages appelés Eligobiotiques sont construits biotechnologiquement pour un contrôle de leur cible thérapeutique et une possibilité de production à large échelle, n’ont plus la capacité de se répliquer, ils ne peuvent donc s’amplifier en présence de la bactérie cible. Actuellement ces eligobiotiques ainsi produits pourraient avoir différentes cibles thérapeutiques dont des bactéries multi-résistantes.

Passionnant !
A condition que le raisonnement ne soit pas le suivant :
– on a peur des phages qui ne se laissent pas facilement domestiquer
– on aime bien les eligobiotiques qui sont issue de la biotechnologie
Donc on retarde l’utilisation des phages.
Les éligobiotiques sont donc une bonne mauvaise nouvelle !!!
Remarque : Les medias se sont fait dernièrement l’écho d’une percée possible d’un nouvel antibiotique.
On attend les percées comme ils attendaient Godot.
Pendant ce temps les patients meurent, sont amputés ou invalidés !

p. 15 les patients deviennent vulnérables à toute désinformation via notamment les réseaux sociaux, sur l’accès à des approches thérapeutiques alternatives. Les parties prenantes (académiques et représentants d’associations de patients) ont à ce titre souligné la nécessité de lutter contre la désinformation.

Où est la Grande Désinformation ?
Il y a urgence à mettre en place une formation pour les médecins.
Cette formation constituera le corpus de référence sur les phages et la phagothérapie – mais aussi sur la résistance des bactéries aux antibiotiques, les pathologies induites par les antibiotiques, le renforcement du système immunitaire, etc.
Comment peut-on reprocher aux acteurs des réseaux sociaux de désinformer alors que l’information de base n’est pas écrite ???
La désinformation c’est le contraire de l’information.
S’il n’y a pas d’information, il ne peut pas y avoir de désinformation !!!

p. 16 les membres présents ont considéré qu’il faut exclure la voie orale pour les principales infections rapportées du retour d’expérience

Cette décision est totalement folle !!!
Nous avons vu qu’il y a un seul expert dans le CSST donc le comité n’a aucune compétence pour prendre une telle décision.
Cette décision est totalement en contradiction avec ce que dit le même rapport : « il n’y a pas assez d’études cliniques.« 
Cette décision n’est soutenue par aucun travail de recherche pré-existant – Russe, Géorgien, etc.
Cette décision n’a donc de base que dans des émotions, des croyances, des idéologies – c.f. Michel Foucault. (10)

p. 17 A l’unanimité, les membres présents ont considéré que la clinique était l’élément essentiel pour documenter le bénéfice (guérison, amélioration, stabilisation).

Cette décision est juste mais elle est en totale contradiction avec ce qui est dit par ailleurs dans le rapport.
Si la clinique est l’élément essentiel alors on sait depuis 1942 – bataille de Stalingrad :
– comment produire les phages
– comment les administrer (6)
Donc la production locale de phages et la phagothérapie n’auraient jamais dû disparaitre des pratiques cliniques en France. (11)

p. 17 l’équipe hospitalière de la Pharmacie à Usage Intérieur de l’Hôpital Beaujon -Clichy- APHP a eu l’initiative de proposer un guide pratique sur les bactériophages. Ce guide a été élaboré avec l’implication d’expertise pluridisciplinaire et couvre différents aspects depuis l’approvisionnement à l’administration des bactériophages en milieu hospitalier.

Excellente nouvelle !
Comment accéder à ce guide ?
Il devrait être d’urgence mis à disposition en Open source afin que les chercheurs, formateurs, media, etc. puissent travailler.

p. 17 il a été notamment évoqué en séance que le classement des bactériophages en groupe 1 de la classification biologique pourrait être excessif, dans la mesure où il s’agit de virus qui n’infectent que les bactéries.

Enorme problème !
Dans tel phrase on parle du phage comme d’un virus dangereux.
Ailleurs on en parle « comme si » c’était une molécule chimique reproductible.
Il serait temps d’appeler un phage un phage.
Nommer ce dont on parle est le temps 1 de la science, c’est le temps 1 de la clinique, c’est le temps 1 de la recherche académique !!!

p. 17 Il est admis que la dizaine de patients traités à ce jour correspond à des situations particulièrement complexes en pratique clinique (absence d’alternative appropriée, terrain débilité, pronostic fonctionnel voire vital engagé).

Traduction :
1. Pour confirmer la pertinence de la phagothérapie il faut l’appliquer à des patients dès que la multirésistance de la bactérie a été confirmée – on l’a vu plus haut.
2. Depuis 2016 on a fait tout à fait le contraire en appliquant la phagothérapie à des quasi-mourants
3. Donc le savoir sur la phagothérapie a peu évolué
4. Alors que l’on répète en boucle qu’il faut confirmer les savoirs sur les phages et la phagothérapie.

Pour faire de la recherche, il faut de l’argent

Or le rapport ne dit rien sur ce point.
S’il en parlait, que dirait-il ?
La même chose que le Rapport O’Neill sur la résistance aux antibiotiques.
A savoir que les milliers de décès annuels, d’amputation et d’invalidation coûtent une fortune :
– au système de soin
– au système d’assurance
– aux familles
– aux entreprises
A savoir que chaque euro mis dans la recherche en rapporte quasi immédiatement 10 !!!
Pourquoi « quasi immédiatement 10 euros » ?
Parce que le premier travail de la recherche c’est de faire l’inventaire des savoirs existant.
Donc de traduire les publications polonaises, roumaines, bulgares sur les phages – on se rappelle que ces pays sont en Union européenne !!!
Et aussi les publications russes et géorgienne – ils ne sont pas européens mais on produit et utilisé des milliards de doses de phages !!!
Donc on a une matière immédiatement utilisable dans la clinique et on sauve des vies en quantité.
Donc on gagne de l’argent en faisant la bonne recherche de la bonne manière !!!

Notre conclusion

Tout est dit dans ces 32 points :
– que les milliers de décès, d’amputation et d’invalidation coûtent une fortune et constituent un scandale sanitaire sans précédent (12)
– scandale parce que récolter, cultiver et filtrer des phages est d’une grande simplicité
– scandale parce qu’il y a un savoir faire immense dans les processus de phagothérapie

Comment est-ce possible ?
C’est dit dans le rapport : il y a erreur de paradigme !!!
Le comité est constitué de personnes certainement charmantes mais qui ne sont pas dans le bon paradigme.
Le bon paradigme c’est celui du local, du « bricolage efficace », du phage considéré comme un phage.
Le bon paradigme c’est celui où l’on est pas terrorisé par les phages, par les applications intraveineuses, par les applications par tous les « trous » de l’organisme.
Le bon paradigme c’est celui où l’on sauve des vies demain.

Au lieu de cela le rapport comporte des réflexions qui font frémir.
Le rapport est plein de contradictions internes : pas besoin de savoirs externes pour comprendre qu’il y a un gros problème !
Quand il y a contradictions internes il n’y a pas de controverse !!!

Le rapport qui traite de la réalité des phages et de la phagothérapie n’a pas encore été écrit !!!

Est-ce que le référentiel proposé par l’Hôpital Beaujon – Clichy – APHP va réellement refléter la situation des savoirs sur les phages et la phagothérapie ?
– Si « oui » il sera en totale discordance avec le document de son autorité de tutelle Ministère de la santé / ANSM / CSST
– Si « non » on va s’enfoncer dans le kafkaïen, l’ubuesque, le surréaliste de ce scandale sanitaire.

Notes et références

Le document CSST 2019 ANSM Ministère de la santé commenté ici – 18 pages.

(1)
a) Liste des membres du CSST pour lesquels nous n’avons pas trouvé d’inscription dans le territoire Phagothérapie pour les patients qui vont mourir, être amputés ou invalidés.
On note que certains ont des homonymes, d’où la nécessité pour le Ministère de donner l’information nécessaire.
Julie Bataille, Dauchy Frédéric Antoine, Alexis de Rougemont, Raphaëlle Delattre, Nicolas Dufour, Beate Heym, Alain Le Faou, Anthia Monribot, Jean-Damien Ricard, Jean-Hugues Trouvin, Valérie Zeller.
b) Un membre « avec publication »
Gilles Leboucher
c) Une anthropologue
Charlotte Brives

(2) Voir notre article sur la question des paradigmes

(3) Les praticiens agissent selon les principes de la déclaration d’Helsinki article 37

(4) Liste des sites de production de préparations avec phages

(5) Liste non exhaustive des cas rapportés.

(6) Les phages ont gagné la Bataille de Stalingrad

(7) Annonce CSST

(8) L’argumentation de Simone Veil ; la phagothérapie en zone grise

(9) Docteur Phage

(10) Foucault, Michel. Les mots et les choses

(11) Voir Les phages dans le Vidal

(12) Ce sont des experts en phagothérapie qui l’on écrit et le répètent.

Illustration : https://scfh.ru/en/papers/phages-attack/

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